Compte Rendu du C.E. du 27 septembre 2017

L’édito … Qui s’y frotte s’y pique !

Vous avez dit adaptabilité et flexibilité ?

Compétitivité, adaptabilité et flexibilité font partie du triptyque indispensable du « manager moderne », du « dirigeant zélé », du « plus ou moins jeune cadre dynamique ou sur le retour », « des importantes et belles personnes ».

Ces mots font partie de la « novlangue » libérale en référence au livre « 1984 » de Georges Orwell.

D’ailleurs, essayez de faire parler d’organisation du travail ou de production un dirigeant d’entreprise, un directeur d’établissement, un responsable de service ou de secteur sans utiliser ces trois mots ou leurs synonymes. Faites le test, vous verrez, il y aura un grand blanc !

De plus, toujours dans cette logique de « novlangue », tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans cette logique sont taxés d’archaïsme, voire de « conservatisme » même s’ils défendent une société plus juste et le progrès social. En un mot, ils n’y comprennent rien !

Dans le contexte mussipontain actuel, avec une faible activité et les grandes lignes annoncées du « projet d’avenir », il est de bon ton de stigmatiser l’Usine de Pont à Mousson dont l’organisation ne serait pas assez « flexible » et dont les salariés ne seraient pas assez « agiles ». Selon certains « experts » non médicaux, notre usine serait victime de surcharge pondérale.

Alors regardons la situation de plus près. Sommes-nous vraiment trop gros ?

Les faits et les chiffres sont têtus ! En ne considérant que l’effectif CDI, entre 2014 et aujourd’hui nous avons perdus 151 emplois soient 16 % des effectifs. Si l’on y inclut les contrats suspendus, les intérimaires et les contrats en alternance, le nombre d’emplois supprimés s’élève à 478 soit 40 % des effectifs pour une baisse de production située entre 45 et 50 %. En matière d’adaptabilité, c’est plutôt pas mal, non ?

L’effort réalisé sur le seul site de Pont à Mousson ces quatre dernières années est supérieur à celui présenté dans le projet d’avenir pour des résultats économiques catastrophiques ! Et bien sûr, il faudrait en supprimer jusqu’à 240 de plus d’ici 4 ans ! Non, vraiment, ce n’est pas raisonnable !

L’exemple de la spécialisation de la 6 mètres nous prouve que la baisse de 72 emplois, couplée à des promesses non-tenues en matière de production ont entrainé une augmentation de 30 € de la tonne de tuyaux. Alors des projets comme ça, vraiment, non merci !

Passons à la flexibilité qui ne serait pas une vertu mussipontaine. A l’heure actuelle, 46 salariés sont détachés de l’Usine de Pont à Mousson vers d’autres établissements, soit 6,5 % de l’effectif.

De plus, les salariés se sont montrés plus que bienveillants en acceptant de démarrer la 8 mètres en même temps que la 7 mètres, le tout en effectif réduit. Normalement, le redémarrage de la 8 mètres devait être un essai à allure réduite. Mais comme les efforts ne suffisent jamais à satisfaire nos « chapeaux à plumes », les salariés ont été « privés » de pauses et de casse-croûtes, et certains occupaient même deux postes de travail entrainant à juste titre un mécontentement général. De plus en plus, les salariés des GDN sont prévenus à la dernière minute de leur changement de tournée, le dimanche soir parfois ! C’est totalement inacceptable !
La flexibilité à ce point-là s’appelle de la contorsion !
Il est donc urgent de sortir du dogme des mots qui finissent en « té » et de cesser cette stratégie de saignée qui nous mène droit dans le mur !

Pour le moment, nos dirigeants restent sourds aux nombreux signaux d’alarme et restent fidèles au fameux proverbe Shadock qui veut que : « en essayant continuellement on finit par réussir, donc plus ça rate, plus il y a de chance que ça marche » !

L’Activité …

Résultats Sécurité

La bonne tendance des congés semble se confirmer en septembre. Pour le moment, la direction déplore 3 évènements de type TF2 comme le veut la formule consacrée.
La direction se félicite également de la forte participation du personnel à la semaine E.H.S.

La CGT a tenu à préciser que participation ne signifiait pas adhésion, ni changement des mentalités. De plus, elle a rappelé que la participation était quasiment rendue obligatoire pour le personnel « ouvrier ».

Ce commentaire n’enlève rien au contenu de cette manifestation que nous appelons « affectueusement » la kermesse et qui semble avoir été apprécier pour ce qu’elle est : un moment où les salariés sont sortis des chantiers où un message de sécurité et parfois de prévention est passé.

SMAT : en progrès mais peut mieux faire !

Le nombre de SMAT, en français visite participative de sécurité, a également fait l’objet de débats. Si le nombre de SMAT est en progression par rapport à l’année dernière, nous sommes encore en dessous de l’objectif de 100 SMAT par mois.

La CGT a rappelé que ces visites pouvaient être ressenties comme des contraintes pour le personnel qui les réalise. De plus, il semblerait d’après les statistiques que des techniques « d’abattage » soient mises en place en fin de mois afin de coller aux objectifs.
L’abattage en question, c’est à dire la réalisation de la plupart des SMAT la dernière semaine du mois, nuit gravement à l’objectif vertueux de la visite et montre le niveau de prise en compte de la prévention dans les tâches à réaliser.

Résultats économiques – Ratios techniques – Retour des détachés

Certaines informations ne sont disponibles que sur la version papier afin de ne pas donner d’éléments économiques pouvant être utilisés par nos concurrents.

Une bonne nouvelle pour conclure, l’entrée en commande de 7 000 tonnes en 7 mètres et de 7 000 tonnes en 8 mètres, ce qui permettra une marche à 2 GDN jusqu’à la fin de l’année et le retour des salariés détachés depuis les CP.

Les ordonnances Macron : la potion amère !
Une mesure passée inaperçue

En fonction de la richesse de l’actualité syndicale locale, la CGT a décidé de présenter et de commenter les mesures contenues dans les ordonnances relatives à la destruction partielle du code du travail.

L’objectif de cette démarche est de permettre à chacune et à chacun de s’approprier un certain nombre d’éléments afin de porter un jugement éclairé sur ce sujet sensible qui aura des conséquences non négligeables pour les salarié(e)s en règle générale.

Aujourd’hui nous évoquerons l’accord simplifié de compétitivité !

C’est un article qui est passé relativement inaperçu mais que l’entourage de Muriel Pénicaud présente volontiers comme « très puissant », sans doute « une des plus importantes de toutes les ordonnances ».
L’article 3 de la première des cinq ordonnances dévoilées par le gouvernement, celle consacrée au « renforcement de la négociation collective », instaure des super-accords de compétitivité aux conditions de recours ultra-simplifiées pour les entreprises.

Désormais, un accord collectif modifiant la rémunération mensuelle, l’organisation, les horaires de travail ou le lieu de travail du salarié pourra être conclu sans que l’impératif du maintien ou du développement de l’emploi soit en jeu : il suffira, disent les ordonnances, que l’accord réponde « aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise ».

Une définition qui ouvre tous les champs des possibles. Ces accords, s’imposeront sur le contrat de travail. Le licenciement du salarié refusant de se le voir appliquer répondra à un régime spécifique : il sera présumé pour cause réelle et sérieuse.

Projet d’Avenir : Les salariés mobilisés pour défendre leur avenir et leurs conditions de travail

Le syndicat CGT de l’Usine de PAM tient à féliciter et remercier l’ensemble des salariés qui ont répondu favorablement à l’appel de la CGT au travers d’un débrayage ou de leur participation active au blocage symbolique de l’Usine de Pont à Mousson.

La CGT de l’Usine de PAM tient aussi à remercier les salariés de la fonderie de Blénod et de l’Usine de Foug qui se sont joints au mouvement ainsi que certains retraités venus prêter main forte aux actifs et les nombreux soutiens qui se sont exprimés ce jour-là ! Encore une fois, grâce à l’action de la CGT et la mobilisation des salariés, le mot solidarité a pris tout son sens !

A quoi ça sert rétorqueront certains grincheux (toujours les mêmes) ?

Cette action aura permis tout d’abord de démontrer la volonté des salariés d’être des acteurs exigeants dans l’entreprise qui ne laisseront pas tout faire sans réagir. Elle aura également montré que le « projet d’avenir » suscite de réelles inquiétudes et ne remporte pas l’adhésion « béate » de l’ensemble du personnel.

Accessoirement, la participation effective à la grève, notamment sur le poste du matin aura également démontré qu’avec 150 salariés en moins, on ne produit plus rien à l’Usine de Pont à Mousson alors que la direction veut supprimer jusqu’à 240 emplois !

L’action du 12 septembre devant l’Usine de Foug et celle du 21 septembre devant l’Usine de PAM contribuent au même processus de mobilisation qui pèsera lorsque vos représentants CGT participeront aux discussions avec la direction générale.

Les salariés mobilisés avec la CGT l’ont réaffirmé fermement, la politique engagée par la Direction Générale consistant à toujours réduire le nombre de salariés fait courir des risques réels à court terme pour notre entreprise et ne correspond pas à la vision d’une société moderne, tournée vers l’avenir et porteuse de progrès social.

Dégradation avérée des conditions de travail, prise de risque sur la qualité des produits, perte du savoir-faire et des compétences clés, démotivation, perte du sens du travail sont les conséquences directes de la stratégie du « toujours moins » en matière d’emploi et du manque de vision dans la stratégie industrielle !

La CGT, renforcée par la mobilisation et le soutien des salariés continuera de défendre une stratégie industrielle basée sur le retour de l’activité avec la sortie de la spécialisation de la 6 mètres, la garantie de 300 000 tonnes au trou de coulée du HF 3 et la ré internalisation de toute la sous-traitance qui peut l’être.

Sans ces garanties, ce projet d’avenir risque de se transformer en « enterrement de première classe » de plus de 160 ans de conquêtes et d’histoire industrielle. Les salariés de Saint Gobain PAM méritent mieux qu’un projet déséquilibré reposant toujours sur les mêmes dogmes libéraux, considérant le travail comme « coût » alors qu’il est le seul vecteur de création de richesse dans l’entreprise.

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