Honni soit qui mal y pense !

Deux publications syndicales CGT diffusées au cours du mois d’octobre ont créé un peu « d’émoi dans le landerneau ». Celles-ci ont provoqué le plus souvent : sourires, rires, commentaires amusés ou interrogatifs exprimés par les salariés en règle générale. Néanmoins, certains ont un peu moins apprécié, en particulier les quelques personnes se sentant visées ou celles facilement identifiées, voire nommées.

Il est utile de souligner en avant-propos, que la récidive de certaines situations et de certains comportements persistants, sont souvent préjudiciables pour la communauté de travail. Lorsque c’est récurent en dépit de multiples interventions de nos élus, réalisées dans le cadre d’un dialogue social normal, cela devient insupportable et deux options s’offrent à la CGT :

La première consiste à intervenir juridiquement dans le périmètre de l’entreprise et au-delà, c’est-à-dire de saisir les administrations compétentes : inspection du travail, conseil des prud’hommes, tribunaux civils afin de traiter la situation. Souvent cette démarche est longue, désagréable et entraine parfois des conséquences graves.

La deuxième option, celle que nous choisissons souvent, consiste à rendre publics les dysfonctionnements ou les comportements inadaptés et à les dénoncer de façon humoristique, satirique avec impertinence et sans réelle malveillance. Cette démarche est moins longue, moins procédurière et beaucoup plus efficace pour résoudre les situations.

Dès lors qu’elles sont portées à la connaissance d’un public plus large, de surcroit avec humour et facéties, celles-ci se résolvent naturellement et rapidement.

L’humour et le rire : une approche pragmatique, voire une thérapie !

Il est vrai que dans la conjoncture actuelle, les occasions de rire à l’usine de Pont à Mousson ne sont pas légion, le rire c’est bon pour le moral, le rire ça détend, le rire c’est une thérapie !

La CGT a fait le choix assumé de revendiquer l’humour, la satire et a pris, comme le disait Desproges : « le parti d’en rire » ! Le même Desproges disait aussi : « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » !

Il est vrai, qu’accessoirement, quelques-uns de nos articles, de nos publications peuvent créer quelques irritations, des picotements, des tensions, des dépôts de plainte, des malentendus et très marginalement des incidents verbaux entre la CGT et certains responsables des secteurs incriminés, coupables parfois de manquer de références humoristiques et de n’être pas vraiment adeptes des tontons flingueurs ni de feu Francis Blanche.

Néanmoins, souvent par ricochet, ces situations amusantes permettent de réduire la pression qui pèse sur les salariés et c’est une bonne chose !

En outre, nos publications considérées comme les plus acides sont jugées réparatrices, étant donné qu’elles corrigent un peu l’inégalité constatée dans certaines relations de travail. Ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent être montrés du doigt, moqués, stigmatisés ou dénigrés ! Tout n’est qu’une question d’équité ! Somme toute, comme le dit le proverbe Shadock : « si ça fait mal, c’est que ça fait du bien » !

Y-a-il dépassement de notre rôle ?

Pour la CGT, le rôle des syndicats consiste à défendre les intérêts économiques, moraux et matériels des salariés, les informer, leur donner les clés permettant, au-delà de l’action de travail, d’être des acteurs et des décideurs avisés. Sans les femmes et les hommes qui travaillent dans l’entreprise aucune richesse ne pourrait être créée.

Il est important de souligner que la CGT et ses représentants défendent un certain nombre de valeurs telles que : la solidarité, l’équité, la justice sociale. Comme le disait Georges Séguy, feu dirigeant de la Cgt confédérale : « la CGT c’est une irremplaçable école de fraternité, de chaleur humaine et de courage » ! Le syndicalisme CGT c’est aussi ne jamais accepter de subir, de se faire humilier ou de renoncer.

Le rôle de la CGT, consiste aussi à protéger et à défendre les « faibles contre les forts » ! Les élus CGT agissent ponctuellement dans leurs fonctions syndicales comme des « éclaireurs » qui mettent en lumière certaines situations injustes, immorales, décalées … Ce sont les passeurs de la parole des salariés.

Les syndicats, s’ils s’en donnent les moyens, peuvent représenter un réel contre-pouvoir indépendant. Ils peuvent parfois être considérés comme des lanceurs d’alertes permettant d’éclairer le débat de mettre en lumière des sujets sensibles. Ils peuvent aussi, par leurs interventions, remettre « l’église au milieu du village » en particulier quand cela s’avère nécessaire. Une fois ces rappels utiles effectués, revenons sur les réactions consécutives aux deux publications syndicales incriminées et sujettes à une polémique ayant fait couler beaucoup plus de salive que d’encre.

Nous n’allons pas lister les noms des soutiens des uns et des autres, toutefois, le plébiscite d’une grande partie des salariés du secteur centrifugation (service concerné géographiquement par les deux dernières publications) était suffisamment éloquent et démonstratif ! Par courtoisie et par volonté d’apaisement, nous n’évoquerons pas, non plus, les commentaires et les différents quolibets entendus à l’endroit des cadres, malheureusement incriminés ni les sobriquets dont ils furent affublés.

Cependant, nous pointerons tout de même de l’index, une capacité d’indignation à géométrie variable. En effet, certains « se lâchent facilement » poussent des cris d’orfraie, scandent des paroles vengeresses lorsqu’un de leur fidèle coreligionnaire est un peu « éborgné » ou « malmené » par une publication syndicale.

Néanmoins, lorsqu’il s’agit d’un « pauvre diable », « d’un petit », d’un « sans grade », d’un ouvrier, d’un intérimaire, d’un alternant, d’un stagiaire qui se retrouve confronté à une injustice, à une situation dégradée, à une forme de harcèlement entraînant une réelle souffrance au travail, ces mêmes « indignés » ne disent mot, « l’arme au pied », les cordes vocales irritées, aphones, inaudibles en quelque sorte ! Sans doute, préfèrent-ils regarder ailleurs, laisser les choses se tasser pour surtout ne pas s’exposer, ne pas s’opposer, considérant pour justifier leur comportement que la situation finira par s’arranger naturellement.

La CGT à son niveau, en fonction de ses moyens veille à défendre la communauté de travail dans une société inéquitable où souvent il est beaucoup plus facile d’être fort avec les faibles et faible avec les forts, où on normalise l’anormal, où l’injustice sociale est omniprésente. La CGT, quant à elle, s’efforce par son engagement, par ses prises de position, par ses publications à rétablir certains équilibres. Pour la CGT, il faut toujours défendre les faibles contre les puissants. Le rôle d’un homme bienveillant est de combattre les injustices. Et, plus ce combat est difficile, plus il vaut d’être mené.

Les difficultés, les désaccords, les critiques verbales ou écrites ont toujours existé et existeront certainement toujours. Faut-il s’en désespérer ? Non et d’une certaine façon, il vaut mieux s’en réjouir. C’est souvent les critiques, les difficultés qui donnent un vrai sens au travail, qui démontrent, notre capacité à agir, qui renforcent notre pertinence, qui parfois, nous permettent d’ajuster nos actions, de corriger, de pondérer, d’amender nos décisions, tout en nous posant sans cesse la question du sens de notre travail et de sa finalité.

Pour conclure, la CGT invite les protagonistes, passés et futurs, les innocents aux mains pas toujours très propres, victimes ou éventuelles victimes de certains pamphlets satiriques et autres versets pas forcément sataniques mais plutôt cocasses, passés ou à venir, à méditer sur ces mots de Nelson Mandela qui peuvent s’appliquer à chaque situation de la vie : « Moi je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends » !

Alors parfois sachons apprendre tous ensemble !

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