Le projet Maintenance, dans le cadre du projet d’avenir St Gobain PAM, a été présenté lors du Comité d’Etablissement du 25 octobre dernier. La CGT a communiqué dans son « Info CE » les grandes lignes du projet et a laissé les porteurs du projet l’expliquer aux principaux intéressés. Une fois cette étape réalisée et comme elle s’y était engagée auprès des salariés, la CGT va donc entrer un peu plus dans les détails du projet, qui à ce stade est loin d’être finalisé.

Tout d’abord, la CGT tient à préciser que le projet Maintenance est particulièrement important pour l’avenir de l’Usine de Pont à Mousson. L’échec ou la réussite de ce projet et bien sûr son contenu, conditionneront en grande partie la réussite ou l’échec du projet d’avenir à l’usine de PAM, ainsi que ses performances économiques futures.

Il est donc important de ne « pas se rater » sur le sujet et de prendre le temps de l’écoute, de l’analyse et de la réflexion avant de prendre des décisions définitives.

La CGT tient également à rappeler qu’en maintenance, la qualité des prestations effectuées et les conditions dans lesquelles elles sont réalisées sont des éléments indispensables pour une production dans de bonnes conditions.

Pour la CGT, la Maintenance mérite mieux que d’être comparée par le biais des Benchmarks, observée au travers de tableaux Excel, considérée uniquement par l’aspect « coût à réduire ». Il est utile de rappeler aux « statisticiens zélés » qui prennent les décisions en très hauts lieux, que derrière le mot Maintenance, il y a certes des chiffres avec beaucoup de zéros derrière, mais il y a surtout des femmes et des hommes, des savoir-faire à conserver et des compétences à développer !

Une fois ces précisions nécessaires apportées, venons-en aux détails du projet de la direction.

Les grandes lignes du projet :

Le maitre mot de la direction pour caractériser le projet est le suivant : « une réorganisation pour être plus efficace ».

Quatre axes principaux sont pour le moment retenus :

Des équipes opérationnelles aux HFX et en Centrifugation
La direction souhaite moins de structures dans les équipes de maintenance opérationnelle, des travaux préparés et planifiés afin de « dégager des ressources » pour faire plus en interne.
Une maintenance commune
La direction veut créer une maintenance dite commune, détachée du quotidien mais pas du terrain, pour gérer en transversal et soutenir les équipes opérationnelles.
• Une action importante sur les pièces de rechange
La direction souhaite pousser un peu plus les analyses sur le changement des pièces et des réparations à faire.
• Une assistance pendant 12 mois par un cabinet spécialisé
La direction souhaite se faire aider par un cabinet extérieur afin « d’accompagner le changement ». Parmi les actions principales il est noté la mise en place d’un processus de maintenance, avec un canal d’entrée et des demandes approuvées. Un rôle et des responsabilités clairement définis pour chacun, ainsi que la mise en place d’un outil informatique qui nous permettra de mieux planifier et préparer nos interventions.

Ce qu’en pense la CGT :
Sur les grandes lignes, la CGT souscrit aux principes vertueux affichés. D’ailleurs, cette organisation ressemble assez à ce qui existait auparavant avant que la mode soit au « tout sous-traiter ». Cependant, la CGT reste très prudente, l’histoire récente nous a appris que les engagements pris ne sont pas toujours tenus.

Le syndicat CGT souhaite plus d’explications et demande à se faire convaincre de l’utilité d’un cabinet externe pour l’accompagnement. De plus, un volet important et sur lequel la Direction Générale avait pris des engagements semble manquer à ce projet, à savoir la ré internalisation de certaines prestations, notamment la maintenance du secteur RS et pourquoi pas l’entretien des chariots élévateurs où des économies substantielles semblent pouvoir être réalisées.

Réduire les coûts, pourquoi pas, mais pas n’importe comment !

La direction est partie d’une comparaison de la part du coût de la maintenance dans le prix de revient d’une tonne de tuyaux entre les différents établissements.

En neutralisant le « coût métal » pour ne pas pénaliser l’Usine de PAM avec son Haut-Fourneau, il apparaît que la part de la maintenance à PAM est décalée par rapport aux autres usines.

La direction souhaite donc diminuer les dépenses de maintenance de l’ordre de 19 % sur l’ensemble de l’Usine avec un effort particulier de 30 % en Centrifugation. L’objectif final de la direction étant d’arriver à une part de 14,4 % du prix de la tonne de tuyaux.

La réduction des coûts portera sur trois axes principaux :

51 % des économies sur les prestations internes, c’est à dire sur la maintenance Usine.
32 % des économies sur les prestations externes, c’est à dire la diminution de la sous-traitance.
16 % des économies sur la réfection des pièces de rechange.

Ce qu’en pense la CGT :
Pour la CGT, il n’est pas « juste » de raisonner en tonnage en ce qui concerne la maintenance. Le nombre de machines à entretenir ou le temps d’ouverture nous sembleraient des indicateurs plus pertinents !
Si la CGT souscrit aux objectifs vertueux de meilleure gestion, la réduction de personnel ne peut pas être l’unique vecteur de réduction de coût, surtout que des manques se font déjà sentir dans les équipes opérationnelles.
De plus, la CGT met en garde certains spécialistes du tableur Excel que l’objectif de l’Usine de PAM est de produire des tuyaux à un prix acceptable et pas de faire des économies pour faire des économies.

En d’autres termes, il faut être prudent car une réduction trop drastique des moyens, tant financiers qu’humains, pourrait entraîner des conséquences, qui in fine, coûteraient plus cher à l’entreprise que les réductions de coût annoncées.

Enfin, la CGT souhaite insister sur les économies substantielles qu’il est possible de réaliser grâce une meilleure gestion de nos pièces à réparer. Pour se faire, nous avons besoin de réaliser de meilleurs diagnostics et un meilleur suivi de nos pièces lorsqu’elles partent en réparation, et surtout lorsqu’elles reviennent. Trop souvent, les pièces ne sont pas vérifiées lorsqu’elles reviennent de chez les prestataires externes et ne fonctionnent pas lorsque nous en avons besoin.

Il est urgent de redévelopper et de renforcer notre secteur de réparable ainsi que de le mettre en valeur.

L’organisation visée consiste à créer deux maintenances dites « opérationnelles » aux HFX et en Centrifugation ainsi qu’une entité dite « Maintenance commune » regroupant des salariés provenant de la maintenance HFX, Energie et Centrifugation. Cette nouvelle organisation implique que l’exploitation de l’énergie et les réfractaires soient « sortis » de la maintenance et dépendent désormais de la production. De plus, les Moyens Généraux et les Revêtements Spéciaux ne sont pas concernés par le projet.

16 postes ont été supprimés sur les 9 premiers mois de l’année et la direction souhaite encore en supprimer 14 avec la nouvelle organisation. Le gros de l’effort a été supporté depuis le début de l’année par le personnel ouvrier, c’est à dire du personnel opérationnel, pour faire simple ceux qui tiennent les outils.

La CGT a demandé des précisions quant à la nature des 14 postes qui vont être supprimés et les mesures d’accompagnement. De plus, la CGT estime qu’il y a une incohérence lorsqu’on annonce une diminution de 20 % de la sous-traitance et en même temps la suppression de 14 postes dans nos effectifs CDI. Légitiment, nous pouvons nous poser la question de savoir qui va faire le travail ?
La CGT craint que la diminution de 20 % de la sous-traitance ne soit qu’un effet d’annonce et qu’en réalité, seul l’effectif CDI diminuera. La CGT sera particulièrement attentive sur cette question.

Quel calendrier ?
La direction souhaite mettre en place cette nouvelle organisation à partir du 1er janvier 2018 et se faire accompagner par un cabinet extérieur à compter du 1er février 2018.

Entre temps, le projet fera « la navette » entre les informations et consultations du C.E. et du C.H.S.C.T., la direction doit encore définir à cette date :
Les organigrammes nominatifs.
Les missions et périmètres de chaque secteur.
Les descriptions de postes notamment suite à la nouvelle répartition des tâches (consignation, visite).
Les locaux de travail (bureau, atelier).
Les formations complémentaires nécessaires.
L’aspect rémunération des salariés qui subiront un changement de cycle de travail.
Le reclassement des 14 salariés dont le poste serait supprimé.

Vu l’ensemble des éléments qui restent à fournir, il est fort probable que le projet ne sera pas prêt pour le 1er janvier. Le 1er mars ou le 1er mai nous paraissent des délais plus raisonnables pour mettre en place une telle réorganisation.

Sur ces questions délicates et fondamentales, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Il est préférable de décaler de quelques mois un projet pour le finaliser correctement et bien « évaluer et calibrer » tous les aspects, plutôt que d’avancer au pas de charge pour faire plaisir aux « importants ».

Comme le disait Jean de Lafontaine : « rien ne sert de courir, il faut partir à point ».

Conclusion (pour le moment) …

A ce stade d’avancement, la CGT considère que le projet n’est pas acceptable en l’état. Cependant, tout n’est pas à jeter.

Ce projet correspond en partie aux revendications de la CGT, notamment sur une organisation plus souple et plus cohérente.

Afin de mieux appréhender tous les aspects du projet et passer du « travail prescrit au travail réel », c’est à dire celui concrètement réalisé par les salariés, les élus CGT au Comité d’Etablissement ont déposé une liste de 38 questions concernant le volet économique, l’organisation du travail et les conditions d’emploi. Les réponses devraient leur permettre de se faire une idée plus précise et sans doute de se forger un avis plus éclairé sur ce projet.

De plus, si le besoin se fait sentir, la CGT n’exclut pas de recourir à une expertise sur le plan économique et/ou sur les conditions de travail.

Pour la CGT, la direction doit prendre des engagements clairs sur un certain nombre de points afin que le projet soit acceptable et réponde pleinement aux enjeux :

Que les 14 suppressions de poste ne concernent pas des salariés des secteurs dit « opérationnels » notamment le personnel ouvrier.
Que le poste de visiteur de maintenance soit maintenu en centrifugation.
Que des actes clairs soient posés concernant le rapatriement de la sous-traitance, notamment celle des Revêtements Spéciaux et de l’entretien des chariots élévateurs.
Que les salariés de maintenance ou du dépannage n’aient pas à subir de perte de salaire jusqu’à la fin de leur carrière si leur cycle venait à être modifié ou en cas de changement de poste.

Quoiqu’il en soit, les discussions vont se poursuivre et la CGT continuera à vous informer. Une fois que tous des aspects du projet seront connus, les élus CGT consulteront les salariés avant de rendre leur avis au C.E.
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