Réponse de la CGT à la lettre des élus politiques concernant le projet d’avenir

Foug, vendredi 17 novembre 2017

Monsieur Mathieu KLEIN, Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle
Monsieur Dominique POTIER, Député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle.
Monsieur Jean ROTTNER, Président de la Région Grand Est.
Monsieur Laurent TROGRLIC, Vice-Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Président de la communauté de communes du Bassin de Pompey, Maire de Pompey.
Madame Maryse ALTERMATT, Conseillère départementale de Meurthe-et-Moselle.
Monsieur Bernard BERTELLE, Maire de Blénod-Lès-Pont-A-Mousson, Vice-Président de la Communauté de Communes du Bassin de Pont-à-Mousson (CCBPAM).
Madame Catherine BOURSIER, Conseillère départementale de Meurthe-et-Moselle, Déléguée du territoire de Val de Lorraine.
Monsieur Antony CAPS, Vice-Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Maire de Nomeny, Vice-Président de la communauté de communes de Seille et Mauchère – Grand Couronné.
Monsieur Fabrice CHARTREUX, Président de la Communauté de Commune Terres Touloises (C.C.2.T), Maire de Domgermain.
Monsieur Alde HARMAND, Vice-Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Maire de Toul.
Monsieur Jean-Pierre HUET, Maire de Liverdun, Vice-Président de la communauté de communes du Bassin de Pompey.
Monsieur Henry LEMOINE, Conseiller régional, Maire de Pont-à-Mousson, Président de la communauté de communes du Bassin de Pont à Mousson (CCBPAM).
Madame Michèle PILOT, Vice-Présidente du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Maire de Foug.
Monsieur Stéphane PIZELLE, Conseiller départemental de Meurthe-et-Moselle.
Monsieur Henri POIRSON, Maire de Dieulouard, Vice-Président de la communauté de communes du Bassin de Pont à Mousson (CCBPAM).
Monsieur Christian PORTELANCE, Maire de Maidières

Mesdames, Messieurs,

Nous avons appris par la presse que vous aviez sollicité, par le biais d’un courrier en date du 27 octobre 2017, Monsieur Pierre-André DE CHALENDAR Président-Directeur Général du Groupe Saint-Gobain au sujet du projet d’avenir déployé au sein de Saint-Gobain Pam.

En premier lieu, votre démarche certes légitime, nous interpelle sur le fond ! Effectivement, nous sommes amenés à constater que trop peu d’entre vous ont pris la peine de rencontrer les représentants des salariés et notre organisation syndicale, pourtant majoritaire dans l’entreprise. Trop peu d’entre vous sont concrètement, physiquement et dans la durée, aux côtés des salariés et de leurs représentants, notamment lors des mobilisations concernant la défense de l’emploi et des intérêts des personnels de l’entreprise.

L’engagement de la majorité d’entre vous, quand il existe, ne dépasse que très rarement le stade du communiqué de presse ou de la motion, adoptée parfois difficilement dans vos exécutifs respectifs.

Dans le courrier en question, vous exprimez vos inquiétudes et vos interrogations concernant spécifiquement trois points : les conséquences sociales dudit projet sur les volumes d’emplois directs et indirects supprimés, les investissements industriels, spécialement de modernisation et leur rythme, les ressources humaines, notamment la gestion des compétences clés et les mesures d’accompagnement permettant d’assurer leur pérennisation.

Par ailleurs, vous évoquez la revitalisation du bassin d’emploi et l’implication que vous attendez sur cet aspect de la part de la société Saint-Gobain. Sujet pertinent qui semble particulièrement vous tenir à cœur ! Comme chacun d’entre vous, nous sommes particulièrement attachés à la responsabilité sociale des entreprises, néanmoins, il nous semble utile de souligner que l’assujettissement à l’obligation de revitalisation ne concerne pas Saint-Gobain, du moins sur le plan légal, en vertu de la loi de cohésion sociale, compte tenu de la nature du projet d’avenir.

Par ailleurs, nous pensons que vous n’êtes pas sans savoir que les syndicats de l’entreprise ne sont pas restés inactifs sur ce dossier sensible. Les instances de représentation du personnel ont défini avec la direction de la société une méthodologie priorisant un dialogue constructif, franc et direct ainsi qu’une concertation sur les différents volets de ce projet, en particulier : la stratégie de l’entreprise au niveau national et transnational, les orientations économiques et le volet social.

A ce jour, le projet ne se matérialise pas par un plan de sauvegarde de l’emploi rigide mais par des orientations industrielles, économiques et sociales amendables et négociables pour partie, qui permettront, nous l’espérons, in fine, de pérenniser l’outil de travail, la majeure partie des emplois et les sites industriels français.

La Cgt, vous l’aurez sans doute compris, n’a pas sponsorisé ce projet, elle combat une partie de sa logique et dans le même temps, défend un certain nombre de revendications et d’exigences portant sur le volet industriel. Sur ce point précis, notre organisation syndicale a d’ailleurs présenté un projet industriel d’une quarantaine de pages contenant des propositions chiffrées et argumentées.

La CGT exprime aussi des désaccords profonds, en particulier sur le volet social de ce projet. Néanmoins, en dépit des désaccords qui subsistent, les discussions se poursuivent dans le cadre d’un dialogue pragmatique qui intègre la situation et les résultats économiques de St Gobain PAM. Bien évidemment, nous serions ravis de vous rencontrer, si vous en exprimez le souhait afin d’évoquer ce dossier, notre positionnement et votre éventuelle contribution à ce dernier.

Sachez également que nos syndicats s’interrogent légitimement sur le réel rôle des politiques au sujet des restructurations industrielles et des fermetures d’entreprises qui se sont accentuées significativement depuis une dizaine d’années.

Les exemples concernant notre département ne manquent pas et nous pensons qu’il n’est pas utile de les rappeler. En dépit de certains engagements vertueux, dont la promotion est assurée lors des campagnes électorales, force est de constater que l’action des politiques, « toutes tendances confondues », a démontré son impuissance et son inefficacité ! Le constat est sans appel : « nous subissons les conséquences du choix implicite des gouvernements successifs, qui depuis le milieu des années 1980 ne mènent plus de politique industrielle ».
Aujourd’hui, le tissu industriel ne représente plus que 11% de la valeur ajoutée produite en France, 12% du PIB et 11% des emplois.
Par ailleurs, nous nous interrogeons sur le fait que certains d’entre vous aient soutenu les différentes politiques nationales menées au cours de ces trente dernières années et en contestent aujourd’hui les effets sur les différentes entreprises de notre territoire.

La Cgt de son côté, estime que les élu(e)s en règle générale, plutôt que de se focaliser sur les problématiques de dette souveraine, seraient plus inspiré(e)s d’évoquer « les modalités de retour à la croissance et la nécessaire réindustrialisation de la France, tout en portant des mesures réellement efficaces pour lutter contre le dumping social, économique et fiscal sauvage auquel notre pays est confronté. Situation qui entraine malheureusement des délocalisations massives et des traumatismes sociaux irréversibles. Les difficultés actuelles démontrent l’urgente nécessité d’inverser la tendance et d’enrayer cette désindustrialisation mortifère pour notre pays.

Restant à votre disposition, nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de notre respectueuse considération.

Cgt Saint-Gobain PAM,
Le Secrétaire Général,
Julien HEZARD

Cgt Saint-Gobain Pam Foug,
Le Secrétaire Général,
Karim BOUBEKEUR

Cgt Saint-Gobain PAM Blénod,
Le Secrétaire Général,
Guillaume BARDOT

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