Comité Central d’Entreprise

Deux comités centraux d’entreprise se sont déroulés en décembre et en janvier. Ces réunions avaient pour objet d’évoquer un certain nombre de dossiers d’actualité tels que : la situation et les perspectives de St Gobain PAM, la stratégie industrielle en lien avec le projet d’avenir, la politique sociale de l’entreprise et notamment les questions liées à l’emploi, les investissements ainsi que le projet de partenariat Chinois pour l’une de nos filiales.

Contexte de l’activité …

Globalement, la situation est contrastée selon les marchés et suscite beaucoup d’incertitude.

Le marché français se porte bien avec une croissance à deux chiffres et des prix de vente tout à fait corrects.

Sur le marché européen, une croissance de 5 % des volumes a été constatée mais l’entreprise n’est pas parvenue à « passer » les augmentations de prix attendues du fait d’une forte présence de nos concurrents indiens.

De plus, la situation est très variable selon les pays. Ainsi une forte chute des volumes est constatée dans les Balkans ainsi qu’en Espagne où le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy n’a pas mis en œuvre son plan d’investissements prévu dans l’adduction d’eau. Les évènements politiques en Catalogne participent aussi à l’instabilité politique du pays et retarderont probablement de futurs investissements.

Avec 4 à 6 mois de retard par rapport au plan directeur, une accélération est constatée sur les marchés d’Europe de l’Est et du Nord.

Concernant l’export, la situation géopolitique au Moyen-Orient ne laisse pas entrevoir à court terme de « Grandes Affaires » comme nous avons pu en connaître par le passé.

Cependant, Saint Gobain PAM a répondu à des consultations sur de potentielles affaires et la Direction Générale a bon espoir de décrocher quelques marchés permettant d’assurer de l’activité aux Grands Diamètres de Pont à Mousson.

La Direction Générale a précisé qu’une forte augmentation du prix des matières premières avait été constatée au cours de l’année 2017 (ex : + 67 % sur le coke métallurgique, + 27 % sur le minerai …).

Ces augmentations du coût des matières ont accentué l’écart de compétitivité coût par rapport aux concurrents indiens qui disposent d’un marché national beaucoup plus favorable et de réserves de minerai, mais aussi par rapport aux concurrents dans d’autres matériaux qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes.

Un fort décalage prix/coût a été constaté sur 2017 et il devra être rapidement compensé par l’augmentation des prix de vente de nos produits pour rétablir les marges.

Nos prix de vente restent décalés de l’ordre de 10 à 15 % par rapport aux concurrents. Pour la Direction Générale, ces prix restent acceptables sur le marché, à condition d’être irréprochable en matière de qualité. La DG a réaffirmé qu’il ne fallait pas faire de compris entre la productivité et la qualité.

Déclaration de la CGT sur la stratégie industrielle …

La CGT, conteste certaines orientations et décisions, industrielles, sociales et stratégiques arrêtées par Saint Gobain Pam.

Les résultats financiers inquiétants, voire alarmistes de l’entreprise font ressortir clairement les dégâts occasionnés sur le plan humain : surcharges de travail, stress, démotivation, absence de finalité du travail. Par ailleurs, ces résultats illustrent aussi les risques industriels, économiques encourus ou avérés pour l’entreprise.

Pour la CGT, la poursuite de la baisse des effectifs, en particulier opérationnels peut nuire irrémédiablement à la pérennité de Saint Gobain Pam. La perte des compétences induite par certains choix a déjà affaibli périlleusement l’entreprise.

La CGT n’accepte pas que les erreurs de gestion, de stratégie, le manque de courage et l’immobilisme confortable adoptés par notre direction au cours de ces dernières années soient uniquement payés par les salariés en les privant d’un avenir professionnel auquel ils auraient pu prétendre.

Comment ne pas rappeler, que si Saint Gobain PAM subsiste aujourd’hui, c’est avant tout grâce à une majorité de salariés qui malgré un climat dégradé et anxiogène continue, avec la même conscience professionnelle d’assurer son travail, forts des compétences et du savoir-faire acquis au fil des années au service de Saint Gobain PAM.

Pour la CGT, le projet d’avenir déployé ne doit absolument pas prioriser le recours à la sous-traitance, notamment pour la partie maintenance ni l’externalisation ou le sourcing pour nos productions, en retenant, à fortiori, un partenaire chinois, de surcroit concurrent potentiel.

La CGT s’oppose avec fermeté à cette stratégie manipulatrice qui privera certains établissements et notamment le site de Foug avec le projet de fermeture du V Process, d’une partie de leur activité et les salariés d’emploi et d’avenir.

La CGT, de la première à la dernière réunion, restera opposée à cette stratégie de court terme fondée uniquement sur l’aspect commercial au détriment du volet industriel. Le choix du sourcing défendu avec légèreté, angélisme et sans doute un détachement commun aux personnes ayant une vision hors sol, comme le directeur raccords n’est pas acceptable.

Ce projet commercial défendu farouchement par notre directeur raccords, qu’il n’est plus nécessaire de désigner par son nom, compte tenu de la réputation de dangerosité et d’inconstance qui le précède entraînera des conséquences très préjudiciables pour notre entreprise.

Ce projet fallacieux, reste fondé sur un argumentaire économique tronqué et déloyal qui fait apparaître des gains de l’ordre de 3,5 millions d’euros ! Objectif qui ne sera sans doute jamais atteint ! Malheureusement, les dégâts occasionnés par ce choix corrompu seront, quant à eux, irréversibles.

Pour la CGT, cette stratégie mettra en péril toute notre filière fonderie et fragilisera d’autant plus l’entreprise.

Les conséquences sociales de cette orientation aveugle se traduiront dans les faits par l’abandon sur le bord de la route de bon nombre de salariés victimes du sourcing, de délocalisation, d’externalisation et d’arrêt de certaines activités.

Dans sa globalité, le projet d’avenir déployé par la direction vise effectivement à réaliser des économies drastiques, notamment sur les coûts ! Comment ne pas souligner que certains projets «GOPRO» comportent des raccourcis et des risques non mesurés qui généreront, contrairement aux objectifs visés, des coûts supplémentaires et des aléas non appréhendés sur nos productions et nos organisations.

Dans notre activité, les spécificités de nos procédés de production exigent : proximité, expertise, connaissance des installations et réactivité.

Aujourd’hui, certaines compétences sur le terrain ne sont plus maîtrisées, certains cadres et managers en responsabilité ne connaissent pas les besoins nécessaires au fonctionnement de nos installations et par leurs décisions inconscientes et leurs raisonnements faussés, ils hypothèquent notre avenir en amoindrissant encore notre compétitivité.

La CGT alerte à tous les niveaux et cela depuis plusieurs années sur les pertes avérées de compétences. Problématique, y compris rencontrée par les sociétés sous-traitantes ! Pour le reste, le manque de rigueur et d’exigence dans l’exécution des opérations et de leur suivi entraînent une dégradation de la maintenance de nos installations, de leur fonctionnement, de nos ratios techniques, de notre qualité et génèrent au final une détérioration générale et des surcoûts prohibitifs.

Pour retrouver un niveau d’expertise acceptable, la CGT réitère sa demande concernant la réappropriation de toutes les activités concernant notre cœur de métier.

Pour la CGT, une politique ambitieuse, fondée sur l’amélioration tangible de nos performances et menée dans le cadre d’une logique industrielle et humaine pertinente doit être véritablement mise en œuvre.

Le projet d’avenir déployé ne répond pas cet objectif, il reste subordonné à de nombreuses ambiguïtés ! Quant à la stratégie industrielle retenue, celle-ci est contestable, critiquable ! Certaines hypothèses manquent d’objectivité, certains choix priorisent une vision purement commerciale au détriment d’un juste développement industriel permettant d’assurer une vraie différenciation face à nos concurrents. En outre, les conséquences sociales notables et inquiétantes qui découleront de plusieurs choix sont rédhibitoires.

C’est pourquoi, le syndicat CGT ne peut consentir à souscrire à une telle stratégie qui comporte des risques significatifs et augure un funeste avenir pour les salariés de l’entreprise.

Situation de St Gobain PAM …

En matière de sécurité, la Direction Générale constate la poursuite de l’amélioration des résultats par rapport à 2016.
Avec un TF1 à 6,43 et un TF2 à 8,16 les résultats 2017 sont probablement les meilleurs depuis de nombreuses années.

La CGT se félicite de ces bons résultats qui sont dus aux efforts de tous. Cependant, si nous voulons pérenniser cette progression dans le temps, il faudra que la société mette en œuvre une politique plus ambitieuse en matière de prévention en appliquant les 9 principes édictés dans le Code du Travail, notamment en adaptant le travail à l’Homme et en priorisant la prévention primaire.

En matière de qualité, les indicateurs sont plutôt bien orientés. Cependant, la Direction Générale a insisté sur le fait que la qualité est un facteur fondamental dans notre différenciation par rapport à nos concurrents low-cost. Le PDG a rappelé que certains litiges pouvaient être dévastateurs en matière d’image et sur le plan financier. Ainsi le litige sur l’affaire Qatar (qui n’est pas encore soldé) a entraîné un surcoût de 3,2 millions d’euros du fait de la livraison de tuyaux par avion.
L’amélioration de la qualité et de la qualité de service sera un des objectifs prioritaires de la DG pour l’année 2018.

Sur le plan économique, les projections sur la fin de l’année laissent apparaître une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 90 millions par rapport à l’année 2016. Le résultat d’exploitation restera encore négatif pour cette année. La perte générée par St Gobain PAM sera supérieure de l’ordre de 15 millions à celle de 2016.

L’augmentation du coût des matières premières, un mix produit moins favorable et une baisse d’activité sont, pour la Direction Générale, les principales explications de cette nouvelle contre-performance. Quelques points positifs sont tout de même à relever : l’augmentation des prix sur certains marchés, une meilleure productivité des usines (notamment PAM) et une réduction encore significative des frais généraux.

Pour la CGT, ces résultats économiques sont très inquiétants puisque 2017 sera la troisième année consécutive de résultats négatifs. De plus, les pertes semblent s’accentuer cette année. La situation économique de Saint Gobain PAM confirme l’analyse du syndicat CGT. En effet, sans le retour de l’activité, malgré tous les efforts qui pourront être réalisés, il n’y aura pas de retour à des résultats positifs.

Il est donc urgent de changer d’orientation en relocalisant sur les usines françaises tout ce qui peut l’être. Cette stratégie sous-entend la sortie rapide de la spécialisation des sites. Faute de quoi, l’ensemble du travail réalisé au cours de ces dernières années et les futurs efforts à réaliser dans le cadre du projet d’avenir seront vains !

En matière d’investissements, l’année 2017 est considérée comme une bonne année avec près de 27,3 millions investis dans l’outil de production. Ces investissements ont concerné principalement la maintenance pour 12 millions, la productivité pour 6,3 millions, la recherche et développement pour 3,2 millions, l’E.H.S. pour 3,1 millions et 2,4 millions dans les nouvelles technologies.

Pour la CGT, il est nécessaire de disposer d’une enveloppe annuelle de l’ordre de 20 à 25 millions d’euros afin de maintenir à niveau nos installations. 2017 aura donc été une bonne année en la matière.

Sur le plan de l’emploi, 2017 s’est soldée par une perte sèche de 97 contrats CDI. Les départs étant principalement dus aux retraites, mais aussi, à moindre mesure, à des démissions et des ruptures conventionnelles plus importantes que les autres années. L’effectif CDI se compose de 2 036 salariés et de 86 intérimaires.

La CGT ne peut souscrire à cette politique qui vise à appauvrir la société de son capital humain. Certes, la CGT peut comprendre certaines adaptations nécessaires étant donné le contexte économique. Cependant, cet appauvrissement commence à poser de réels problèmes pour produire correctement.

Projet de Joint-Venture en Chine …

La société Saint Gobain PAM est présente en Chine depuis 1997 avec l’acquisition du site de Maanshan puis l’acquisition de Xuzhou en 2002.

Aujourd’hui la réglementation chinoise en matière d’environnement ayant évoluée et l’immobilier s’étant considérablement développé, l’usine de Xuzhou doit déménager rapidement.

Des discussions sont en cours depuis 2015 avec la municipalité concernant les modalités du déménagement de l’usine. Ce déménagement s’avère particulièrement onéreux et le Groupe Saint Gobain ne veut pas assumer seul le coût de l’opération.

Saint Gobain PAM souhaite donc conclure un partenariat avec la municipalité de Xuzhou sous la forme d’une joint-venture afin limiter les coûts liés au déménagement.

Au stade des discussions actuelles, les dispositions suivantes sont envisagées :

Participation minoritaire de St Gobain PAM dans la Joint-Venture (40%).
La ville et ses partenaires ne disposant pas de l’expertise industrielle nécessaire, Saint Gobain PAM devrait garder le contrôle de la production et assurer le respect des standards E.H.S. et qualité de Saint Gobain PAM.
Les exportations de la Joint-Venture devraient passer par PAMEX hors éventuelles commandes concernant le projet « route de la soie ». Si les discussions portent leurs fruits, la joint-venture devrait être finalisée au second semestre 2018, le déménagement, quant à lui, serait finalisé en 2020.

La CGT a rappelé quelques expériences malheureuses de Saint Gobain PAM en matière de joint-venture, notamment l’expérience colombienne qui s’est soldée par un échec patent !

20 ans après, l’investissement en Chine s’est avéré être un gouffre financier avec une dette de plus de 300 millions d’euros. A quelques exceptions près, les résultats de la filiale chinoise sont systématiquement négatifs.
En parallèle, les investissements en Chine ont représenté une somme avoisinant les 325 millions d’euros.

Cette somme substantielle, si elle avait été investie sur les sites français, aurait certainement permis de disposer d’un outil beaucoup plus compétitif. Si les relations industrielles et commerciales avec le partenaire chinois semblent bien définies à court terme, il n’est pas impossible que notre société soit confrontée à l’émergence d’un nouveau concurrent à plus long terme ayant de fortes ambitions commerciales. La CGT a voté contre ce projet, compte tenu des risques qu’il présente.

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