Projet Maintenance Usine de PAM : Déclaration de la CGT au CE du 31 janvier 2018

Monsieur le Président,

Consultée ce jour sur le « Projet Maintenance Usine de Pont à Mousson », la CGT tenait à porter à votre connaissance, l’analyse de notre organisation syndicale et expliquer son positionnement par rapport à ce projet.
Tout d’abord, la CGT se félicite de la qualité du dialogue social qui a prévalut sur ce dossier. Nous avons pu approfondir beaucoup de questions, faire part de nos remarques, inquiétudes ou exigences. Les débats, parfois passionnés, ont été de bonne tenue et ont permis à chacun de bien comprendre les enjeux du projet, sa philosophie et sa finalité. Sans flagornerie inutile, c’est un point positif, à mettre à votre crédit et à celui du porteur du projet.

Pour la CGT, le projet « Maintenance Usine de Pont à Mousson » est déterminant pour l’avenir de l’usine. Ce projet, à lui seul, peut être un atout majeur pour la compétitivité de l’Usine de PAM ou au contraire annuler tous les gains réalisés par les équipes de production. La dimension de ce projet explique la durée du processus de discussion débuté le 25 octobre dernier.

Tout au long du processus d’information/consultation, la CGT a été force de propositions en lien avec les salariés directement impactés par ce projet. Cette action conjuguée a permis des évolutions notables sur ce dossier que nous tenons à souligner :

• La ré-internalisation d’une bonne partie des tâches sous-traitées qui permet de présenter un projet sans suppression de poste d’opérationnel.
• L’ambition affichée de ré-internaliser la maintenance des Revêtements Spéciaux.
• La création d’un véritable secteur réparable avec la volonté affichée de le mettre en valeur.
• La création d’un atelier « unique » de maintenance en Centrifugation.

Ces quatre points étaient au cœur des revendications de la CGT concernant la maintenance de l’Usine de Pont à Mousson.

L’organisation générale de la maintenance, comprenant une maintenance opérationnelle par secteur et une maintenance commune plus orientée vers des tâches fonctionnelles, nous semble bien pensée. C’est peu ou prou l’organisation qui était en place, certes avec une dénomination différente, par le passé, c’est-à-dire, pour les plus anciens, avant le plan Marion.

La CGT qui a toujours combattu ce plan visant « au tout sous-traité », se félicite aujourd’hui de ce retour en arrière. Cependant, que de temps perdu, que d’argent dilapidé pour enfin admettre l’erreur de l’époque.
Le plan présenté ce jour va entrainer la suppression de 21 emplois dans la partie fonctionnelle de la maintenance. Des solutions seront apportées à chacun avec des changements de postes et des mobilités vers d’autres sites. Il faudra beaucoup de bienveillance et d’accompagnement pour réussir ces mobilités.

La CGT regrette que certains aspects du « projet Maintenance » n’ai pas été assez retravaillé afin de répondre à certains enjeux que la CGT considère comme essentiels.

A ce titre, la CGT souhaite insister sur le poste de « visiteur » qui, à notre sens, va perdre de sa valeur ajoutée en Centrifugation. En effet, ce poste a tout d’abord été tout bonnement supprimé. Puis, grâce à la force de persuasion de notre organisation syndicale a été recréé. Si vous avez recréé le poste de visiteur, cela se traduit toutefois par « moins un » dans l’effectif.

Du fait de la suppression d’un visiteur sur deux en Centrifugation, certains salariés de maintenance vont voir leur charge de travail augmentée et très notablement pour certains. De plus, la CGT estime pour le moins fantaisiste, pour ne pas dire grotesque, les temps bruts d’intervention réattribués à certains salariés. La CGT tient à rappeler solennellement dans cette instance, qu’il n’est pas raisonnable de dire et pire d’écrire, que les graisseurs ont un taux d’occupation de 50 % comme l’indiquent les indications horaires de reprise des tâches du visiteur supprimé.

La suppression d’un poste de visiteur va faire quelques victimes collatérales telles que les opérateurs de production, notamment aux GDN, qui vont se voir attribuer des tâches de maintenance sans pour autant dépendre de ce secteur ni avoir la formation adéquate. Cet exemple laisse penser à notre organisation syndicale que « le dossier visiteur » a été monté à charge dans l’unique optique de supprimer cette fonction.
Les moyens nécessaires à la réalisation de « la visite » ne sont pas suffisants dans le projet présenté ce jour. La CGT estime qu’il y aura « des trous dans la raquette » et que cela risque de se ressentir fortement dans quelques mois, sur le taux de panne des installations.

Des zones d’ombres persistent également du côté Hauts-Fourneaux et plus spécialement dans le secteur Energie où il nous semble que l’organisation décrite aujourd’hui pourrait fonctionner en théorie mais va se heurter au travail réel !

Parmi les points positifs, la CGT tient à souligner que l’évolution du poste de « Dépanneur centrifugation » est accompagnée par un accord qui permettra une évolution de carrière, une revalorisation salariale ou le maintien des avantages acquis permettant de mieux gérer sur le plan salarial, la reconversion en maintenance. La CGT se félicite cette évolution et engagera sa signature sur cet accord.

Pour conclure, la CGT comprend les enjeux, la logique et la finalité du projet « Maintenance Usine de Pont à Mousson ». Si la CGT souscrit à certains d’entre eux, elle en combat d’autres, les éléments présentés ce jour semblent aller en partie dans le bon sens en matière d’organisation générale, mais les moyens attribués nous paraissent quelque peu sous dimensionnés.

Le traitement réservé à la fonction de « visiteur » en centrifugation, la charge de travail supplémentaire attribuée à certains salariés et les zones d’ombres persistantes côtés Hauts-Fourneaux ou bureau d’étude font que la CGT ne peut donner un avis favorable à ce jour.

Considérant que tout n’est pas à jeter dans ce projet, loin de là, que des avancées non-négligeables ont été obtenues, et que chacune des parties a été au bout du mandat qui lui était attribué, les élus CGT se sont abstenus et resteront particulièrement attentifs sur l’accompagnement des salariés.

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