Un questionnaire RPS : Pour quoi faire ?

« Y en a marre ! » « Ca ne peut plus durer ! » « Vivement la retraite ! » « C’est quoi ce travail ? » « Mais c’est vraiment n’importe quoi cette réorganisation ! » « Qu’est ce que je vais devenir ? » « Comment je vais faire ? » « J’en peux plus ! » « Ca sent la feuille ! » « Je sers à rien ! »

Ces phrases sont prononcées par beaucoup de salariés actuellement à l’usine de PAM et vos représentants CGT les entendent souvent !

Pour certains, ces phrases sont de la mauvaise humeur, de la fainéantise ou pour parler le language « R.H. moderne » : de la résistance au changement !

A y regarder de plus près, ces phrases ne sont pas anodines. Elles sont révélatrices de « maux » souvent profonds, qui minent bon nombre de travailleurs : les risques psychosociaux ou RPS.

D’après le ministère du Travail, les risques psychosociaux sont définis comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs.
Leurs causes sont à rechercher dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et les relations de travail. Ils peuvent concerner toutes les entreprises indépendamment de leur taille et de leur secteur d’activité.

Les risques psychosociaux : quels sont-ils ?

Les risques psychosociaux se trouvent à la jonction de l’individu et de sa situation de travail.

Plusieurs types de risques sont à distinguer :

  • le stress provenant du sentiment de ne pas atteindre les exigences ou les attentes demandées ;
  • les violences internes commises par des travailleurs : conflits majeurs, harcèlement moral ou sexuel ;
  • les violences externes, exercées par des personnes extérieures à l’entreprise à l’encontre des salariés ;
  • le syndrome d’épuisement professionnel.

Ces risques psychosociaux peuvent être combinés et interagir les uns avec les autres. Par exemple, une situation de violence interne et du stress chez un salarié peuvent engendrer d’autres tensions avec le reste de l’équipe provoquant un stress généralisé dans l’entreprise.

Quels sont les principaux facteurs ?

L’étude coordonnée par la Dares sur les conditions de travail et la santé au travail et qui consacre un volet à l’exposition aux risques psychosociaux, dresse le constat suivant :

  • 31% des actifs occupés déclarent devoir cacher ou maîtriser leurs émotions.
  • 47% des actifs occupés estiment qu’ils doivent « toujours » ou « souvent » se dépêcher dans leur travail.
  • Au moins 64% des actifs occupés déclarent être soumis à un travail intense ou subir des pressions temporelles.
  • Enfin, 64% des actifs occupés déclarent manquer d’autonomie dans leur travail.

Quels sont les principaux facteurs des risques psychosociaux ? Six axes se distinguent

Les exigences au travail :

L’intensité et la complexité du travail se caractérisent par : des délais et des objectifs manquant de clarté, une surcharge des tâches professionnelles, une intensification des horaires, des interruptions régulières.

Les exigences émotionnelles :

Au cours de son activité, le travailleur peut rencontrer des relations difficiles à gérer émotionnellement : des contacts difficiles avec les différents interlocuteurs, le fait de devoir masquer ses émotions réelles devant ses interlocuteurs, des violences physiques ou verbales.

Le manque d’autonomie et de marges de manœuvre :

Parmi les facteurs déterminants dans le développement de risques psychosociaux se trouve le manque d’autonomie. Comment se transcrit-il ?

Des faibles marges de manœuvre pour réaliser les tâches ; des contraintes de rythme de travail ; une sous-utilisation des compétences du travailleur. L’employeur doit veiller à ne pas non plus laisser le travailleur « se débrouiller » seul et à donner des objectifs clairs.

Les mauvais rapports sociaux et relations de travail :

Pour prévenir les risques psychosociaux, une bonne qualité des rapports sociaux et des relations de travail est importante. Certaines conditions sont à instaurer et parmi elles :

une vision claire des tâches à accomplir ; une solidarité entre collègues, un collectif de travail ; des espaces de discussion pour les travailleurs ou encore une animation des instances représentatives du personnel ; l’absence de violence physique ou morale au sein de l’entreprise ; une reconnaissance du travail effectué, de la qualité fournie et des efforts mis en place ; un encadrement de proximité actif pour animer l’équipe, organiser les tâches et gérer les difficultés.

Les conflits de valeur et la qualité empêchée :

Pour un travailleur, le fait de ne pas pouvoir échanger avec ses collègues ou son encadrement sur les méthodes et les objectifs de son travail est un facteur de risques psychosociaux. Comment prévenir cette situation ? Plusieurs circonstances entrent en jeu : la perte ou l’absence du sens du travail pour un employé, l’impression de faire un travail inutile.

L’insécurité de la situation de travail :

Les changements de tous ordres : précarité d’un contrat, retard dans les versements des salaires, insécurité socio-économique, changement de qualification ou de métier sans y être préparé, etc… jouent un rôle dans le développement des risques psychosociaux chez les travailleurs.

Quelles sont les conséquences des risques psychosociaux dans les entreprises ?

L’exposition à ces différentes situations dégradées de travail a de nombreux effets. Deux types de conséquences sont à distinguer.

Un impact sur la santé
Selon l’intensité et la durée d’exposition aux facteurs de risque, l’histoire personnelle et professionnelle de chacun, le contexte de l’entreprise ou de la structure privée ou publique, l’appui et le soutien, les RPS peuvent, notamment, se traduire par l’expression d’un mal-être ou d’une souffrance au travail, des conduites addictives, etc.

dégradation de la santé physique et mentale peut être associée aux RPS. Il s’agit en particulier de : troubles musculo-squelettiques, maladies cardiovasculaires, troubles de santé mentale (épisode dépressif, troubles anxieux, état de stress post-traumatique, tendances suicidaires), aggravation ou rechute de maladies chroniques.

Un impact sur l’entreprise
L’entreprise est également touchée par l’apparition des risques psychosociaux chez ses salariés. Plusieurs effets sont observés : une augmentation de l’absentéisme ; un taux élevé de rotation du personnel ;
le non-respect des horaires ou des exigences de qualité ; des problèmes de discipline ; la réduction de la productivité ; des accidents de travail et des incidents ;
une dégradation du climat social ; ou encore des atteintes à l’image de l’entreprise.

Face à ces éléments, la CGT a décidé d’agir et la première étape est de dépasser le ressenti pour aller vers le factuel.
Il s’agit donc aujourd’hui, au travers de ce questionnaire, d’établir un constat permettant de proposer un plan d’action. Pour que ce constat soit le plus fin possible et représentatif de l’état d’esprit réel des salariés, il est indispensable que chacun, quel que soit son statut ou sa catégorie prenne le temps de remplir ce questionnaire de la manière la plus honnête possible !

La CGT compte sur l’engagement de chacune et de chacun !

Le questionnaire en format papier est à remettre dans les urnes prévues à cette effet avant le 27 avril 2018 !
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