Compte rendu du C.E. du 13 juillet 2018

L’édito : Enfin les congés …

Ça y est, nous y sommes, la plupart des salariés de l’Usine de PAM vont pouvoir bénéficier à la fin de cette semaine, de la conquête majeure du mouvement ouvrier : les congés payés !
Oui, une conquête obtenue de haute lutte, car payer les salariés à se reposer n’était pas naturel et n’allait pas de soi pour le patronat de l’époque, qui n’avait rien à envier à celui d’aujourd’hui !
C’est grâce aux grèves de 1936 avec les occupations des lieux de travail que les salariés arrachent les Accords de Matignon accordant les quinze premiers jours de congés payés ! La troisième semaine est obtenue d’abord à la régie Renault puis ensuite étendue à l’ensemble des autres entreprises dans les années 50.
Mai 68 permettra d’obtenir la quatrième semaine et il faudra attendre 1982 pour bénéficier de la cinquième semaine.

Oui les congés payés sont une conquête et non un acquit !

Comme le disait Ambroise Croizat, militant CGT exemplaire et Ministre des Travailleurs à la fin de la guerre : « Ne parlez jamais d’acquis sociaux mais de conquis sociaux, car le patronat ne renonce jamais ». Nous l’avons vu avec les différentes réformes des retraites, avec la Loi Travail ou encore les ordonnances Macron, le patronat avec des gouvernements de tous bords comme alliés objectifs, ne renonce jamais !
Ces congés 2018 seront particulièrement bienvenus pour reposer les corps et les esprits durement éprouvés par le travail, les différentes réorganisations ou désorganisations pour certaines, par des inquiétudes légitimes sur l’avenir, par la chaleur aussi ces dernières semaines, avec un temps de réaction particulièrement long dans les services, pour mettre en place les mesures de bon sens permettant de rendre les conditions de travail plus supportable pour les salariés.

Il aura fallu parfois des interventions fermes des délégués CGT pour que ces mesures soient mises en place, notamment les pauses supplémentaires. Cette situation est particulièrement déplorable au 21ème siècle et démontre qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour remettre l’humain au coeur des préoccupations ! Espérons que certains auront appris cette année et que le mot « anticipation » sera de mise l’année prochaine !
La CGT souhaite à toutes et à tous de bonnes vacances bien méritées et adresse un salut particulier, aux salariés, notamment en maintenance, qui travailleront durant cette période pour réaliser ou suivre les différents travaux.

Résultat Sécurité …

La direction a constaté une dégradation des résultats sécurité et un TF2 glissant remontant à 7,8.
Le mois de juin se termine avec 4 accidents bénins, 2 accidents sans arrêt et un accident avec arrêt.
La direction a également indiqué qu’un 1/4 h sécurité particulier sur les corps étrangers dans les yeux aurait lieu à la reprise.
Concernant, le début du mois de juillet un accident avec arrêt et trois accidents bénins sont à déplorer.
Malheureusement, d’ores et déjà, les résultats sécurité 2018 seront moins bons qu’en 2017 car à la fin du mois de juin nous avons à déplorer 8 accidents soit autant que l’année dernière.

Entrées en commande …

Concernant les commandes du mois de juin, 65 % des commandes de SG PAM ont été attribué à l’Usine de PAM.
Nous enregistrons cependant un faible niveau d’entrées en commande en GDN. A la reprise, la machine 8 fabriquera du DN 1500 C25 pour le Sénégal, commande réattribuée à PAM du fait de l’arrêt du site chinois de Xuzhou.
Pour les DN 350-600 et 700-1000, la quasi-totalité des commandes est attribuée à PAM.
Reste les DN 150-300 où aucune production n’est attribuée à PAM si ce n’est du revêtement de la gamme TAG fabriquée en Allemagne.

Performances économiques et industrielles …

Ces informations étant sensibles et pouvant être utilisées par la concurrence, elles ne sont disponibles que sur la version papier.

Fermeture définitive de l’Usine chinoise de Xuzhou …

Deux comités centraux extraordinaires ont eu lieu les 6 et 16 juillet 2018. Ces réunions portaient sur les difficultés rencontrées en Chine, notamment avec le site de Xuzhou. La direction a donc annoncé, sans surprise, la fermeture définitive de l’usine de Xuzhou, site qui comptait 1900 salariés et fabriquait des tuyaux de DN 700 à 2000.

La société Saint-Gobain Pam est présente en Chine depuis 1997 avec l’acquisition du site de Maanshan puis l’acquisition de Xuzhou en 2002.

Le site de Maanshan qui fabrique des tuyaux de DN 100 à 600 n’est absolument pas concerné, il reste, bien évidemment, toujours en activité.
Les raisons de la fermeture de Xuzhou sont avant tout liées à la réglementation chinoise en matière d’environnement qui a évolué compte tenu des graves problèmes de pollution et de santé publique auxquels ce pays est confronté.
D’autre part, l’immobilier s’étant considérablement développé, l’usine de Xuzhou devait absolument déménager rapidement.

Des discussions étaient en cours depuis 2015 avec la municipalité concernant les modalités du déménagement de l’usine de Xuzhou.
Ce déménagement s’avérant particulièrement onéreux, le groupe Saint-Gobain ne voulait pas assumer seul le coût de l’opération. Saint-Gobain canalisation comptait donc conclure un partenariat avec la municipalité de Xuzhou sous la forme d’une joint-venture afin de limiter les coûts liés au déménagement.
Ce partenariat, quasiment finalisé a été remis en question par les nouveaux élus de la province du Jiangsu, sans doute sous l’impulsion du gouvernement chinois. Le projet aujourd’hui est totalement abandonné. En conséquence, faute de partenaire et de financement, le site sera définitivement fermé.

Projet de cession des titres

Afin de limiter les conséquences financières de cet échec, la direction de l’entreprise souhaite céder ses titres, ses terrains et ses installations. Deux sociétés, l’une immobilière, l’autre industrielle seraient intéressées.
L’objectif de cette opération consiste à valoriser au maximum les actifs afin d’absorber le coût du reclassement des salariés (environ 40 millions d’euros), et une partie de la dette qui représente tout de même 250 millions d’euros.

La CGT, en son temps, avait déjà rappelé les expériences malheureuses de nombreux industriels français sur des projets de partenariat avec les chinois. Vingt ans après, cette filiale chinoise s’avère être un gouffre financier avec une dette de plus de 250 millions d’euros. A quelques exceptions marginales près, les filiales chinoises n’ont jamais gagné d’argent.

En parallèle, les investissements en Chine ont représenté une somme avoisinant les 325 millions d’euros. Cette somme substantielle, si elle avait été investie sur les sites français, aurait certainement permis de disposer d’un outil beaucoup plus compétitif.
Si hier les relations industrielles et commerciales avec le partenaire chinois semblaient bien définies et orientées favorablement, aujourd’hui ce dossier se solde par un échec patent et un gâchis financier. En outre, sur le plan commercial et le volet industriel cette fermeture ne sera pas neutre pour l’activité canalisation.

Les élus CGT consultés sur un accord de principe concernant la cession des titres chinois ont rendu un avis favorable, la CFDT et la CFTC se sont abstenues et la CGC a voté contre.

Pour la CGT, notre entreprise doit se recentrer sur des investissements industriels français et européens afin de progresser en compétitivité et de prospecter sur des marchés où la lutte avec les concurrents est plus équilibrée et qui permettent de gagner du cash.

Cette expérience malheureuse doit aussi faire repenser à la direction certains schémas et reconsidérer certains choix peut-être un peu trop aventureux qui n’ont jamais fait gagner d’argent à l’entreprise. Il est vrai que la canalisation à peut-être gagnée quelques parts de marché non rentables mais à quel prix !

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