Pontam’Infos n°2 – Compte rendu du C.E. du 31 octobre 2018

édito …

Gardons la foi …

C’est par ces mots que le directeur a conclu le C.E.. Certes, cette expression peut paraitre inquiétante, anxiogène voire même être un aveu de faiblesse, mais il est vrai qu’il faut garder une bonne dose de foi en l’avenir tant les difficultés techniques s’accumulent.

Avoir des difficultés de redémarrage après la réalisation de nombreux investissements n’est pas forcément incohérent. Il est normal d’avoir un temps de « rodage », afin de régler et « d’apprivoiser » les nouvelles installations. Quand rien ne va et qu’il y a des défauts de conception ou de réalisation un peu partout c’est un autre problème.

Parfois, l’installation fonctionne bien mais d’autres problèmes viennent se greffer dessus, c’est le cas par exemple avec le dossier Aquacoat.

Depuis la reprise, les vernis 7 et 8 mètres produisent avec le procédé Aquacoat, communément appelé peinture à l’eau, ou du moins sans solvant. Quelques semaines après le démarrage un liquide jaunâtre est apparu sur les tuyaux entrainant le « blocage » sur le parc de l’ensemble des productions réalisées entre le 17 septembre et le 17 octobre soit, d’après nos informations, près de 5 000 tuyaux !
Les tuyaux de la machine 8, notamment pour la commande « Sénégal », vont être grenaillés et repeints ce qui va entraîner un surcoût substantiel sur une commande récupérée de Chine où nous perdons déjà de l’argent ! Pour le moment, aucune solution n’est trouvée pour les tuyaux de la machine 7 et les Moyens Diamètres qui restent en attente pour une durée indéterminée.

D’aucuns pourraient penser que c’est « la faute à pas de chance » mais non ! En tout cas la CGT estime que cette situation est liée à une « prise de risques » mal mesurée.

En effet, le procédé Aquacoat n’est pas nouveau ! D’ailleurs, nous l’utilisons avec succès sur d’autres sites, à Foug par exemple !

Le bon sens, la prudence, auraient voulu que nous démarrions nos installations Aquacoat avec les mêmes peintures qu’à Foug, là où ça fonctionne ! Eh bien non, à St Gobain PAM on n’apprend jamais de ses erreurs ou on aime vivre dans le risque et souvent les deux ! Sur la brillante idée d’un « Professeur Tournesol » basé à la « Tour du Bonheur » de Maidières ou par une fulgurance d’un acheteur évoluant en « Ligue des Champions », et malgré les réticences exprimées par les « industriels » nous avons dû utiliser la peinture d’un nouveau fournisseur, entraînant les conséquences que chacun connaît désormais !

Que dire pour rester correct et urbain ?

Messieurs les sachants, les importants, les décideurs, les « premiers de cordée » pour utiliser une expression à la mode, vous qui avez « droit de vie ou mort » sur l’activité d’un chantier, pensez-vous que ça va pouvoir durer encore bien longtemps comme cela ?
Si « en haut » on accepte ou on tolère vos facéties, vos ratés, vos approximations et vos insuffisances, sachez « qu’en bas », nous n’en pouvons plus que vous « gâchiez » nos efforts et notre travail car finalement, c’est nous qui payons vos pots cassés !

A la CGT, nous croyons en l’avenir de notre société, à condition que chacun, à tous les niveaux fasse son travail comme il doit être fait !

Ratios Techniques et prix de revient …

Ces informations étant sensibles et pouvant être utilisées par la concurrence, elles ne sont disponibles que sur la version papier.

Projet Eureca : Quoi de neuf au Pays de Oui-Oui ?

« Je vais bien, tout va bien. Je suis gai, tout me plait. Je ne vois pas pourquoi, pourquoi ça n’irait pas » !

Cette célèbre réplique d’un sketch de Dany Boon pourrait résumer de manière synthétique les 60 minutes d’intervention du responsable maintenance lors du C.E., tant son discours était en décalage avec la réalité vécue par les salariés de maintenance.

Le responsable maintenance a débuté sa présentation par un point sur le calendrier d’avancement du projet.
L’ensemble des points du projet a été réalisé en temps et en heure à l’exception notoire de :

  • L’aménagement de l’atelier centrifugation.
  • La mise en place de l’Atelier de réparation.
  • La réalisation du calendrier de formations pour la montée en compétence.

Le responsable maintenance a également précisé qu’il était en train de réaliser un état des lieux des astreintes et des permanences et que des discussions devraient s’ouvrir d’ici la fin de l’année.

La décision concernant un éventuel déplacement de l’atelier réparation sera prise pour le 31 janvier 2019. Celle concernant l’atelier maintenance est reportée au 31 mars 2019.

Le calendrier de formation pour la montée en compétence devrait être finalisé pour le 31 décembre 2018.

Pour la CGT, ce « retard » est emblématique de la manière dont est mené le projet ! En effet, rappelons tout de même que depuis le 1er février, un accord a été signé concernant l’accompagnement de la polyvalence des dépanneurs. Cet accord prévoyait la réalisation « rapide » d’un calendrier de montée en compétence.

Force est de constater que dix mois après, le calendrier n’est toujours pas réalisé, les salariés ne peuvent pas se projeter dans leurs nouvelles fonctions, ni sur leur évolution de carrière, ni anticiper les éventuelles perturbations sur leur vie privée !

Une nouvelle fois, « Oui-Oui », notre responsable de la maintenance, « l’homme qui vit dans son monde », nous a démontré que les questions liées à l’humain n’étaient pas sa spécialité et encore moins sa priorité. Ceci est une grave erreur car c’est de l’engagement des salariés que dépend la réussite ou non du projet !

Toujours au cours de cette présentation, nous avons appris que le circuit de visite et de graissage des Hauts-Fourneaux est entré dans SAP. Le circuit de visite centrifugation concernant la maintenance sera rentré pour le 15 novembre, celui concernant les opérations de production le sera au plus tard au 31 décembre. Le circuit de graissage quant à lui, sera dans SAP pour le 30 novembre.

Le responsable maintenance a également précisé que les entretiens professionnels et annuels allaient débuter à partir du 1er novembre et l’ensemble des analyses d’emploi serait revu pour le 31 mars 2019.

8 postes prioritaires sont à pourvoir en maintenance : 5 électromécaniciens / mécaniciens « Agent de réalisation mécanique », 1 mécanicien « Agent cellule réparation », 1 électricien Haute Tension et 1 Technicien Risques Industriels. D’après le responsable Maintenance, 3 embauches seront réalisées d’ici la fin de l’année.

La CGT considère que ces embauches sont une bonne nouvelle à condition qu’elles en appellent d’autres car elles ne suffiront pas à combler le manque d’effectif dans les équipes de réalisation.

Dans sa conclusion, le responsable maintenance précisait que : « le projet avance bien, cela fonctionne grâce aux efforts de tous, l’organisation se met en place pour moins sous-traiter ce qui est l’objectif n°1 de 2019 » !

A la lecture de cette conclusion, chacun et notamment les salariés de maintenance, pourra mesurer le décalage certain entre « la tête et les bras » pour reprendre une image qui tient particulièrement à cœur de notre directeur.

La CGT ne partage pas la vision du responsable de maintenance. S’il est vrai que le projet avance, les priorités ne sont clairement pas mises au bon endroit ! Oui, la maintenance fonctionne grâce aux efforts de tous, mais surtout au prix d’une forte dégradation des conditions de travail et d’une perte du sens du travail. Enfin, si la CGT partage l’objectif de moins sous-traiter, les effectifs SG PAM ne sont pas en adéquation pour l’atteindre.

La conclusion de la CGT pour le moment serait la suivante, provenant d’une célèbre devise Shadock : « en essayant continuellement, on finit toujours par réussir. Donc plus ça rate, plus il y a de chance que ça marche ! »

Point sur l’arrêt de l’Agglomération …

A la demande des élus CGT, un point a été fait lors du C.E. sur l’arrêt de l’Agglomération.

Au niveau des aspects techniques, tout semble se dérouler de la manière dont les opérations avaient été présentées lors des C.E. précédents. Il reste un stock de 12 000 tonnes d’aggloméré qui sera transféré prochainement par camion vers l’usine de PAM.

Concernant la mobilité du personnel, les 38 salariés se sont vus proposés une solution.

24 ont été affectés à l’Usine de PAM (9 en maintenance, 3 en structure, 12 en production).
7 ont été affectés à Blénod (2 en maintenance, 1 en structure, 4 en production).
3 ont été affectés au siège.
1 a été affecté à Toul en production.
1 a été affecté à Foug en production.
2 ont fait valoir leur droit à la retraite.

Le CDI Intérimaire pour contourner la règle des 18 mois …

Une nouvelle forme de salariat tend à se développer à l’Usine de Pont à Mousson : le CDI Intérimaire.

Il s’agit de salariés en contrat CDI avec leur agence d’intérim qui sont mis à disposition d’une entreprise donneuse d’ordre dans notre cas : l’Usine de Pont à Mousson.

Actuellement, 6 salariés sont dans cette situation à l’Usine de PAM. Le CDI intérimaire permet à SG PAM de pouvoir contourner la règle des 18 mois !

Certes, les salariés sont sous statut CDI, ils bénéficient de la rémunération du poste de travail qu’ils occupent tant qu’ils sont à l’Usine à l’exception de la prime annuelle et spéciale annuelle et des activités sociales des C.E.

Les salariés en CDI intérimaires ne sont pas attachés à un lieu de travail, puisqu’ils doivent accepter toutes missions pour n’importe quel employeur dans un rayon d’une heure trente de leur lieu d’habitation.

De plus côté salaire, ces salariés ne perçoivent plus la prime de précarité et lorsqu’ils n’ont pas de mission, leur salaire correspond au SMIC.

Grâce à cet artifice tout à fait légal, SG PAM peut contourner la règle des 18 mois et garder des salariés précaires sur des postes pérennes.

Pour la CGT, cette situation est scandaleuse et permet de ne pas réaliser des embauches en considérant encore plus le travail et l’humain comme une variable d’ajustement sur l’autel de la sacro-sainte flexibilité.

La CGT estime que ces salariés devraient être embauchés sous contrat CDI SG PAM ou à défaut en CDD.

Combien nous coûtent les « suceuses de l’Est » ?

« Il voulait vivre César et il finit Pompée ».

Cette célèbre citation de Georges Clémenceau concernant les conditions sulfureuses du décès du Président de la République Félix Faure est tout à fait à propos pour la situation du secteur ensilage.

Rassurez-vous, rien de graveleux n’a été constaté, du moins pour le moment.
César et Pompée sont deux figures de l’empire romain, quant aux suceuses de l’Est, c’est le nom de l’un de nos prestataires. Certes le nom est suggestif mais nous n’y sommes en rien responsable ! Quel est le rapport avec l’ensilage me direz-vous ? Eh bien c’est ce que l’on va vous expliquer.

Il voulait vivre César …

C’est une métaphore évidemment. Mais il est vrai qu’à l’instar d’un Jules César, des moyens substantiels ont été engagés pour remettre en état l’ensilage, le moderniser et le préparer à l’introduction d’une nouvelle marche technique : le 100 % pellets.

Après les congés, nous aurions donc dû récupérer une installation moderne, efficace, répondant aux besoins d’alimentation des HFX et surtout en état de marche.

et il finit Pompée …

Si Pompée a fini décapité, nous n’en sommes encore pas là à l’ensilage. Mais l’installation n’est toujours pas finalisée et objectivement ne le sera pas avant l’arrêt des congés 2019. Nous n’allons pas revenir sur l’ensemble des dysfonctionnements que nous vous avons largement détaillés dans le Pontam’Info n°1.

Cependant, si le déchargement des wagons de coke est qualifié d’acceptable par la direction, il ne se fait toujours pas de manière optimale.

Les bandes transporteuses ont été remplacées un mois et demi après leur mise en service suite à un défaut de conception qui sera difficile et coûteux à modifier. Quoi qu’il en soit, même avec les nouvelles bandes, nous constatons un doublement du taux de fines de coke, situation plus que pénalisante lorsque l’on connaît l’évolution de son cours sur le marché.

Au final, il faut bien ensiler, et les différents écoulements de matières non maîtrisés nécessitent l’intervention de nos fameuses « suceuses de l’Est » pour la bagatelle d’au moins 35 000 € mensuels.

D’après la direction, l’ensemble des surcoûts sera supporté par le prestataire qui a réalisé l’ensilage. Espérons que ce dernier aura « les reins » assez solides faute de quoi, les surcoûts seront à notre charge !

En bref …

Congés de fin d’année :
La Ligne 6 mètres et les R.S. seront en congés la semaine 52. Pour les autres lignes, il n’y aura de fabrication les 24 et 31 décembre.

Consultation sur la réorganisation du poste de garde Cokerie :
Les membres du C.E. se sont abstenus lors de la consultation sur le sujet. Des entretiens avec l’ensemble du personnel se dérouleront semaine 44 et 45. Le contrat de sous-traitance sera finalisé semaine 45, la mise en place effective de la nouvelle organisation est fixée au 1er décembre.

Polyvalence à la logistique :
La CGT a consulté les salariés de la logistique concernés par cet accord. Sur 27 salariés consultés, 22 se sont prononcés en faveur de la signature, 2 contre et 3 n’ont pas souhaité donner leur avis.
Plus de 80 % des salariés concernés étant favorables à la mise en place de cet accord, la CGT l’a donc signé ce qui le rend applicable de fait.
Un poste de polyvalent classifié P3B va être créé et la prime de rendement sera fixée à 2,45 € pour l’ensemble des salariés de la Logistique.

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