Compte Rendu du Comité Central d’Entreprise du 18 mai 2018

Un Comité Central d’Entreprise s’est déroulé le 18 mai dernier. Dans le cadre du projet d’avenir et compte tenu de la méthode avec laquelle sont déployés certains projets, notamment celui concernant le V PROCESS de Foug, la CGT a fait le choix assumé de quitter la séance après avoir lu la déclaration suivante.

Déclaration de la CGT St Gobain PAM …

La Cgt tient avant de poursuivre ce Comité central d’entreprise à exprimer son mécontentement et son profond désaccord au sujet du projet de spécialisation des raccords 250/600 qui entraînera la fermeture du chantier V PROCESS et la suppression des 53 emplois qu’il génère et probablement d’autres conséquences que nous ne sommes pas encore en capacité de mesurer totalement aujourd’hui.

Pour la Cgt, le sourcing chinois n’a rien d’idyllique ni de vertueux, les retournements brutaux de situation, la versatilité du gouvernement central chinois qui gère la moitié de l’économie du pays et la complexité culturelle et réglementaire toujours beaucoup plus flexible en faveur des parties locales représentent de vrais écueils sur lesquels de nombreux projets peuvent s’échouer.

Au-delà des divergences de fond constatées sur ce projet, que la Cgt considère comme : toxique, purement commercial et dangereux pour l’entreprise, nous pouvons nous interroger sur la volonté réelle de la direction de promouvoir un dialogue social franc, ouvert et respectueux des partenaires et des instances de représentation du personnel.

Selon notre direction, le projet d’avenir devait être amendable, négociable dans chaque établissement concerné.

Force est de constater que les amendements se situent à la marge et que nous sommes confrontés à la logique du tout ou du rien.

Au regard des méthodes retenues dans le cadre des différents échanges : documents, réunions, approche, expertise concernant ledit projet, la Cgt et ses représentants ont le sentiment que la direction affiche une forme de mépris à leur endroit. Les faits ne peuvent qu’étayer ce sentiment.

Document initial indigne de la dimension et des conséquences sociales et industrielles d’un tel projet, informations homéopathique, incomplètes, partiales, sponsor du projet médiocre, maladroit, méprisant et nuisible ne disposant même pas du courage managérial nécessaire pour expliciter et présenter son projet sur le site concerné.

Coûts minorés ou totalement éludés, comptabilisés deux fois. Les experts du cabinet SECAFI ont d’ailleurs mis en exergue dans leur rapport des erreurs de méthodologie, que la Cgt considère comme une tromperie, une duperie, de la malhonnêteté intellectuelle.

La direction considérait-elle certains partenaires sociaux comme des indigents intellectuels, incapables de comprendre, de mesurer, d’analyser et de décider ?

Cette approche suffisante illustre une forme de dédain et surtout le manque de considération que la direction porte au désarroi des salariés et aux inquiétudes qu’ils expriment en cette période de remise en cause et d’incertitudes.

Ce comportement n’est pas acceptable, il traduit un état d’esprit contraire aux valeurs du dialogue social que la CGT défend. Au-delà du mépris ressenti, La Cgt s’interroge fortement sur les autres projets présentés, le doute s’insinue, en particulier sur la véracité des données communiquées et surtout sur l’objectivité et la sincérité desdits projets dans leur globalité.

Derrière les formules creuses, le discours verbeux, l’argumentaire fallacieux, la direction de l’entreprise se comporte, juste comme un prestataire de service détaché, enfermé dans la promotion d’un projet lourd de périls graves pour l’avenir de certains de nos sites industriels.

A ce jour, nous considérons que la confiance est rompue, que le dialogue et compromis, et malgré notre détermination, qui en dit long sur notre volonté, notre attachement aux valeurs de l’entreprise et à la concertation, nous considérons que les conditions ne sont plus réunies pour échanger dans un état esprit serein et constructif et dans un climat fondé sur la loyauté.

En conséquence, pour marquer d’un signe qu’ils considèrent comme fort, leur désaccord profond, les élus Cgt ne participeront pas à cette réunion.

Même si les élus CGT ont quitté la séance ils disposent d’un certain nombre de documents permettant de vous communiquer ces quelques informations utiles .

Bilan social de St Gobain PAM …

Le bilan social de l’entreprise illustre synthétiquement les évolutions survenues sur l’année 2017. Une mise en perspective avec les deux années précédentes permet de mieux appréhender les évolutions sur l’emploi, les salaires, l’équilibre de la pyramide des âges, l’égalité professionnelle etc. …

Données concernant l’emploi :

Au 31 décembre 2017, 2 084 salariés travaillaient pour St Gobain PAM. 295 cadres, 653 EDTAM et 1136 ouvriers composaient le collectif de travail.

L’effectif a diminué de près de 12 % depuis 2015 et de 6 % entre 2016 et 2017. Au total, ce sont 242 emplois qui ont été supprimés depuis 2015.
L’ensemble des catégories a été touché par cette réduction drastique d’effectifs :

– 7 % dans l’effectif « Cadres ».
– 12 % dans l’effectif « EDTAM ».
– 13 % dans l’effectif « Ouvriers ».

Pour la CGT, la politique de l’emploi menée par St Gobain PAM au cours de ces trois dernières années pourrait être résumée en ces termes : « la saignée » !

Certes, il convient de mettre en perspective ces chiffres, la situation économique de l’entreprise et notamment ceux de l’activité.

Quoiqu’il en soit, la CGT est en opposition totale avec cette politique qui considère le « capital humain » les salariés qui produisent et créés la richesse dans l’entreprise comme une variable d’ajustement.

Données concernant la rémunération :

La rémunération moyenne de l’ensemble des catégories de personnel a diminué par rapport à 2016. Ce constat s’explique principalement par la baisse des effectifs, opérée principalement par des départs à la retraite.
La masse salariale par personne a quant à elle progressé légèrement, au gré des augmentations générales et des quelques promotions individuelles.

Rémunération brute mensuelle moyenne 2017
Hommes                  Femmes
Cadres          6 204 €                   4 303 €
Assimilés      3 943 €                   3 402 €
Maitrise         3 536 €                     NC
EDT              3 049 €                   2 701 €
Ouvriers Prof 2 701 €                   NC
Ouvriers Non Pro 1 690 €            NC

La moyenne des rémunérations brutes mensuelles laisse apparaître un écart de 44 % entre la rémunération des femmes cadres et celles des hommes cadres. Cet écart est de 16 % chez les « assimilés » et de 19 % chez les « employés, techniciens et dessinateurs ».

Rappelons que la loi prévoit la stricte égalité salariale entre les femmes et les hommes sur le principe de « à travail et qualification égal, salaire égal » !

Les 10 rémunérations les plus élevées ont progressé de 5 % par rapport à 2016 alors que le commun des mortels a dû se contenter de 0,4 % d’augmentation générale.

La masse salariale des 10 rémunérations les plus élevées représente 2,16 millions d’euros, soit une rémunération mensuelle de l’ordre de 16 623 € (sur une base de 13 mois). Cette rémunération moyenne mensuelle est 9,8 fois supérieure à celle des OS et 6 fois supérieure à celle des ouvriers professionnels.

Chacun se fera son idée sur la « culture de l’effort sa répartition et sa juste rémunération. Pour la CGT, le constat est clair et sans appel, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et les notions d’exemplarité, de mesure, de solidarité sont certes toutes relatives.
Au final, seulement 0,5 % de l’effectif s’accapare 3 % de la masse salariale. L’augmentation que s’est octroyé le « top ten » de St Gobain PAM représente l’équivalent du salaire de trois ouvriers sur un an !

Ces niveaux d’augmentations et ces écarts de salaire passent de moins en moins bien auprès des salariés qui doivent se contenter de peu, voire de rien.

La pyramide des âges :

La pyramide des âges de St Gobain PAM est fortement décalée. Ainsi 49,5 % de l’effectif a plus de 49 ans contre 9,4 % ont moins de 30 ans. Cet écart est encore plus important dans l’effectif « EDTAM » avec 56,8 % des salariés qui ont plus de 49 ans et 8,9 % qui ont moins de 30 ans.

Ces éléments illustrent le véritable enjeu en matière de transmission des savoirs, des savoir-faire. Compte tenu du contexte économique de l’entreprise, nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous.
Le faible nombre de recrutements n’est malheureusement pas de nature à répondre aux enjeux auxquels nous sommes et nous allons être confrontés dans les mois et les années à venir.

Pour la CGT, il est urgent de réaliser des embauches ciblées permettant de maintenir nos compétences clés et nos savoir-faire.

Analyse CGT du Bilan Social 2017 :

A la lecture du bilan social 2017, la CGT constate que la politique sociale menée à St Gobain PAM consiste à réduire drastique les effectifs tout en creusant les inégalités et en favorisant au passage les 10 plus grosses rémunérations.

Ces éléments sont à mettre en relation avec les discours entendus en 2017 qui se fondent sur la culture de l’effort et la réduction de la voilure avec, bien évidemment, le triptyque infernal : Compétitivité, Agilité, Flexibilité.

A l’heure de dresser le bilan, la CGT réaffirme sa totale opposition avec la politique sociale menée à St Gobain PAM qui fait courir un réel risque sur la pérennité de notre entreprise.

Situation économique de St Gobain PAM …

Les éléments économiques étant des données sensibles, susceptibles d’être utiliser par la concurrence, ils ne sont disponibles que sur la version papier.

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